Los Angeles en feu : trois jours de colère contre les raids anti-immigration
- thibo périat
- 8 juin 2025
- 2 min de lecture
Depuis trois jours, Los Angeles s’embrase. Ce ne sont pas les flammes des forêts cette fois, mais celles de la colère. Une colère née des raids anti-immigration massifs menés par l’administration Trump. Résultat : des milliers dans les rues, des affrontements avec la police, des véhicules incendiés, et une ville qui vacille.
L’étincelle : des rafles de trop
Tout a commencé avec une vague de descentes ciblées de l’agence ICE, visant à expulser des milliers de personnes en situation irrégulière. Très vite, les images de familles arrachées à leur quotidien ont enflammé les réseaux sociaux. En réponse, la rue s’est levée.
L’affrontement : manifestants vs Garde nationale
À Downtown L.A., Boyle Heights, sur les autoroutes mêmes : les manifestants occupent, crient, résistent. Face à eux, des centaines de soldats de la Garde nationale, déployés par Donald Trump. Boucliers, lacrymogènes, flash-bangs. La ville prend des allures de zone de guerre civile.
Violence urbaine, colère populaire
- Véhicules autonomes incendiés, en particulier des voitures Waymo, devenues symboles d’un progrès technologique froid et impersonnel.
➤ Waymo, c’est une voiture sans chauffeur développée par Google, perçue par beaucoup comme l’incarnation d’un système déshumanisé et hyper-contrôlé.
- 27 arrestations, des blessés, et une journaliste étrangère touchée par une balle en caoutchouc.
- Des slogans résonnent : “Not our war. Not our law.”
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Une symbolique qui se retourne : les drapeaux de la discorde
Parmi les manifestants, de nombreux drapeaux mexicains, salvadoriens ou guatémaltèques ont été brandis avec fierté. Mais ce geste, bien que sincère, s’est révélé contre-productif sur le plan politique. Il a offert à la droite dure des images faciles à instrumentaliser, alimentant le récit d’une population étrangère refusant de s’intégrer. Le cœur du combat – le droit à la dignité, à la sécurité, au respect – s’est vu brouillé par une mise en scène identitaire mal perçue par une partie de l’opinion. En période de polarisation extrême, chaque symbole devient un piège.
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Le bras de fer politique
Le gouverneur Gavin Newsom accuse Trump de piétiner les droits des États et porte plainte. Il dénonce une stratégie de tension, une “crise fabriquée pour imposer la loi fédérale à coups de bottes”.
Pourquoi Trump a intérêt à ce que la Californie vacille
Ce n’est pas un accident : Trump mise sur le chaos californien pour renforcer son image d’homme fort. En provoquant la confrontation, il crée :
Un ennemi intérieur facile à désigner : la Californie progressiste, pro-migrants, pro-démocrate.
Une démonstration de force : le désordre justifie l’intervention fédérale et l’usage militaire.
Un message pour les swing states : « Vous voulez ce chaos chez vous ? »
Un écran de fumée politique : pour faire oublier ses procès, ses divisions internes, ou ses failles diplomatiques.
Un affrontement symbolique avec Newsom, potentiel rival pour 2028.
Plus la Californie résiste, plus Trump renforce sa narration : celle d’une Amérique qui a besoin d’être reprise en main, à coups de poigne.
Une ville, un test national
Ce qui se joue à L.A. dépasse L.A. : c’est une fracture géopolitique intérieure. Une démonstration de force. Une tentative de domination politique. Et peut-être, un avant-goût du climat qui régnera en 2026, à l’aube d’une nouvelle élection américaine incandescente.




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