Photographier un match... depuis son téléviseur
- thibo périat
- 12 juil.
- 2 min de lecture
Pendant longtemps, photographier un écran était presque une faute de goût. Reflets, moirage, définition médiocre. Une image d'image, considérée comme sans intérêt. Puis Depuis quelques mois, une nouvelle tendance s'est imposée sur Instagram. Des photographes braquent leurs appareils vers leur télévision plutôt que vers le terrain. Ils capturent une retransmission sportive comme d'autres photographieraient une scène de rue. Parmi les références de cette pratique figurent notamment Odieux Bobby ou Flo Pernet, qui utilisent l'écran comme une matière photographique à part entière.quelque chose a changé.
À mon tour, j'ai participé à cette tendance lors du quart de finale de la Coupe du monde entre la Norvège et le Brésil.
Le principe est étonnamment simple. Il ne s'agit pas de reproduire fidèlement ce que diffuse la télévision. Ce serait impossible. Il s'agit de photographier la lumière, les défauts de l'écran, le grain numérique, les couleurs parfois exagérées et les mouvements qui échappent à la retransmission.
Une pose longue transforme un sprint en traînée lumineuse. Un flash peut révéler le salon tout en laissant le match exister à l'intérieur du cadre. Les pixels deviennent presque de la matière. L'écran cesse d'être une fenêtre pour devenir un véritable sujet photographique.
Cette approche interroge aussi notre époque. Nous vivons les plus grands événements sportifs derrière des écrans. Des milliards de personnes ont vu les mêmes images du match Norvège-Brésil, mais personne ne les a réellement vues de la même manière. L'ambiance du salon, la lumière de la pièce, la qualité du téléviseur, le moment exact du déclenchement rendent chaque photographie unique.
À une époque où chacun peut télécharger une capture d'écran en quelques secondes, ces photographies rappellent une évidence. Une photo n'est pas seulement ce qu'elle montre. C'est aussi la manière dont elle est produite.
Finalement, photographier un match depuis sa télévision n'est pas une façon de documenter le football. C'est une manière de documenter notre façon de le regarder.
L'image n'est plus celle du terrain. Elle devient celle du spectateur.




























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