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Uranium au Niger : un convoi quitte la mine d’Arlit, Orano alerte sur les risques

  • Photo du rédacteur: thibo périat
    thibo périat
  • 6 déc. 2025
  • 3 min de lecture

Fin novembre 2025, un convoi transportant des stocks d’uranium a quitté la mine de la Somaïr, à Arlit, dans le nord du Niger. L’information a été rendue publique le 1er décembre par le groupe français Orano, ancien exploitant du site, qui affirme ne pas avoir été associé à l’opération et dénonce un transport « à haut risque » de matières radioactives.


Selon Orano, les autorités nigériennes ont retiré du site des stocks de « yellowcake », le concentré d’uranium issu du traitement du minerai. Le groupe précise ne plus avoir accès à la mine depuis sa nationalisation et ne pas être en mesure d’indiquer le volume exact déplacé ni la destination finale du convoi. L’entreprise évoque de graves risques liés à la sûreté nucléaire, au détournement et aux conditions de circulation dans une région marquée par l’insécurité.


Le départ de ce convoi intervient dans un contexte de rupture profonde entre le Niger et l’exploitant français historique. En juin 2025, les autorités nigériennes ont officiellement annoncé la nationalisation de la Société des mines de l’Aïr (Somaïr), qui exploitait le gisement d’Arlit depuis les années 1970, dans le cadre d’un partenariat avec Orano. L’État nigérien a justifié cette décision par la volonté de reprendre le contrôle de ses ressources stratégiques au nom de la souveraineté nationale.


Depuis cette nationalisation, Orano affirme avoir perdu tout accès opérationnel au site, ainsi que toute visibilité sur les stocks d’uranium entreposés sur place. Le groupe précise que les stocks retirés fin novembre se trouvaient sous sa propriété juridique avant la prise de contrôle totale par l’État nigérien.


Le transport de l’uranium a été effectué par voie terrestre. Aucune information officielle n’a été communiquée par les autorités nigériennes sur l’itinéraire exact, les conditions de sécurité mises en place, ni sur l’encadrement éventuel par des organismes internationaux spécialisés. Orano indique que les procédures internationales de suivi de ce type de transport, en particulier en zone à risque, n’ont pas été portées à sa connaissance.


Quelques jours après la révélation du convoi, le gouvernement nigérien a accentué la tension avec l’entreprise française. Le 4 décembre, les autorités ont accusé publiquement Orano de pollutions radioactives historiques autour du site d’Arlit, mettant en cause la gestion environnementale de l’exploitation durant les décennies précédentes. Orano a rejeté ces accusations, affirmant respecter les normes internationales en vigueur dans ses opérations passées.


À ce stade, les autorités nigériennes n’ont fourni aucun détail public sur la destination finale de l’uranium déplacé, ni sur l’existence d’un contrat de vente. Aucun acheteur n’a été officiellement désigné et aucun transfert international n’a été confirmé par voie diplomatique. Le contenu précis du convoi, son volume exact et son statut juridique font toujours l’objet d’un flou total.


Ce déplacement intervient dans un contexte plus large de recomposition politique et diplomatique du Niger depuis le coup d’État militaire de juillet 2023. Le pays a progressivement mis fin à plusieurs partenariats stratégiques avec ses anciens alliés occidentaux, tout en affirmant sa volonté de redéfinir la gestion de ses ressources naturelles.


L’uranium constitue une ressource majeure pour le Niger, l’un des principaux producteurs africains. Le gisement d’Arlit représente depuis des décennies une source essentielle de revenus pour l’État, mais aussi un enjeu stratégique international du fait de l’usage nucléaire du minerai.


Sur le plan strictement factuel, un seul élément est aujourd’hui pleinement établi : des stocks d’uranium ont été retirés fin novembre 2025 du site d’Arlit par les autorités nigériennes, après la nationalisation de la mine. Les conditions précises de ce transport, sa destination et son cadre juridique n’ont, à ce jour, fait l’objet d’aucune communication officielle détaillée.


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